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L'association Roseaux Dansants a pour mission la recherche et le développement du Travail qui Relie, de Joanna Macy, ou de l'Ecologie Profonde dans les pays francophones.

L'Ecologie Profonde est une pédagogie holistique de groupe qui permet à l'être humain de prendre sa juste place sur Terre. En puisant à la source de la vie, il y retrouve ses racines et son appartenance, il ouvre le champ des ressources spirituelles et psychologiques dont il a besoin pour faire face à la situation planétaire actuelle. Les ateliers d'Ecologie Profonde proposent différentes pratiques pour transformer notre inquiétude justifiée en engagement créatif.

Tandis que l'écologie est l'étude des relations des systèmes vivants avec leur milieu, l'Ecologie Profonde désigne le ressenti de notre appartenance à la toile de la Vie. De caractère expérientiel, ce travail d'émergence de notre éco-conscience fait appel à toutes les dimensions de l'être humain: mental, émotionnel, physique, spirituel, ainsi qu'à sa capacité d'action sur le monde.

Le terme Ecologie Profonde (Deep Ecology en anglais) est emprunté au philosophe scandinave Arne Naess (1973) qui utilisait le mot 'profond' pour désigner le vécu de l'écologie, en opposition avec sa simple étude, dans un contexte philosophique. La pédagogie développée dont il s'agit ici a eu différents noms, selon l'évolution du travail (Despair and Empowerment in the Nuclear Age, The Council of All Beings). Elle se nomme à présent The Work that Reconnects dans les pays anglo-saxons: Le Travail qui Relie.


Open Letter to Persons in France

Engaged in the Work that Reconnects

From Joanna Macy

July 14, 2010

I am happy to learn of the growing interest that The Work That Reconnects (Le Travail Qui Relie) is awakening in France. Being the architect and root teacher of this powerful form of group work, as well as the author of Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre, which presents the theory and practices of this work, I greet you all and ask for your kindness in forwarding this message through your various networks. I also ask your forbearance for my writing in English, since it is easier for me to speak to the matter at hand in my native tongue.

I write now to address, as clearly as I can, the manner in which the Work That Reconnects has been disseminated since its inception in 1977. To maintain its vitality and its dynamic adaptability, I chose not to institutionalize this work, nor to impose any hierarchical structure, nor to establish procedures, standards or credentials for its use. I did this very deliberately. I did this because I recognized the self-correcting power of the work, and the wisdom it awakens in the men and women who take it out into the world. I do not regret this decision.

I believe that the moral authenticity and practical vigor of the Work That Reconnects in North America, the United Kingdom, Germany, Australia, Russia, Canada, and other lands, can be directly attributed to its decentralized nature. The same can be said of the friendly, mutually supportive relations that practitioners of the work enjoy, which are notably free of conflict and competition. We come from different fields and walks of life; in our ranks are artists, teachers, social workers, labor organizers, psychotherapists, homemakers. That is excellent because this Work thrives best through a wide variety of facilitator skills and competencies. We give each other feedback about the modes of facilitation we observe; but no one sets him or herself up as a preeminent authority or gate-keeper of the Work.

I hope that in France the Travail Qui Relie can unfold with a similar degree of freedom and effectiveness. I'm personally acquainted with a bare half-dozen of you. There's Laure Olive who, committed to ecopsychology, found a publisher for my book. There's Bernard Boisson whom I met at my workshop in Paris in 2001, and whose books I admire. In June 2010 I enjoyed working with Sylvain Menard, Jean-Pierre Le Danff, Veronika Rolle-Green, and Claire Carré at a major conference in Germany, and the facilitators retreat that followed. Each, from their different realms of experience, brings unique strengths to the Work we share.

Of these, Claire Carré is the one I have known longest. In 1994 she took part in my three-week course at Schumacher College in Devon. She then increased her understanding of the Work That Reconnects through attending workshops I gave in Spain, France, and the UK, as well as through training over the years with trusted colleagues of mine in England including Chris Johnstone, Alex Wildwood, Jane Reed, and Pat Fleming. She has assisted in workshops I conducted both there and in Germany. To help disseminate the Travail Qui Relie in France, she organized Roseaux Dansants in 2007. Her particular approach in facilitating this Work integrates her background in dance, drama, and movement therapy. I believe that she does this in ways that are not only creative, but authentic and responsible as well.

My glad wishes are extended to you all, as you bring the Travail Qui Relie to the people of France. I trust that you will witness the ways it can enliven their motivation for the great adventure of our time. And I trust you will proceed with the mutual respect and solidarity this Work deserves.

Yours, for the Earth,

Joanna Macy

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Traduction:

Lettre ouverte de Joanna Macy

aux personnes en France engagées dans le Travail qui Relie.

Le 14 juillet 2010

Je suis heureuse de prendre connaissance de l'intérêt grandissant que le Travail qui Relie suscite en France.

Etant l'architecte et l'enseignante fondatrice de cette forme puissante de travail collectif, aussi bien que l'auteur d'Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre, qui présente la théorie et les pratiques de ce travail, je vous adresse à tous mes meilleurs souhaits et je vous demande d'avoir l'amabilité de bien vouloir envoyer ce message dans vos divers réseaux. Je vous prie aussi de m'excuser d'écrire en Anglais, parce que c'est plus facile pour moi de parler de ce sujet dans ma langue maternelle.

J'écris maintenant pour expliquer, aussi clairement que je le peux, la manière dont le Travail qui Relie est diffusé depuis sa création en 1977. Afin de maintenir sa vitalité et son adaptabilité dynamique, j'ai choisi de ne pas institutionnaliser ce travail, ni d'y imposer de structure hiérarchique, ni d'établir des procédures, des normes ou un système de diplômes pour son utilisation. J'ai fait ceci très délibérément. J'ai fait ceci car je reconnaissais le pouvoir d'autocorrection de ce travail, et la sagesse qu'il éveille chez les hommes et les femmes qui le diffusent dans le monde. Je ne regrette pas cette décision.

Je crois qu'il est possible d'attribuer l'authenticité morale et la vigueur pratique du Travail qui Relie, aux Etats-Unis d'Amérique, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Australie, en Russie, au Canada dans d'autres pays, à la décentralisation de ce travail.

On pourrait dire la même chose des relations amicales, de soutient mutuel, remarquablement exemptes de conflit et d'esprit de compétition, dont jouissent les praticiens du Travail. Nous venons de tous les horizons de la vie ; dans nos rangs se trouvent des artistes, des enseignants, des travailleurs sociaux, des cadres, des psychothérapeutes, des personnes au foyer. Ceci est excellent car ce Travail requiert, pour porter pleinement ses fruits, une grande diversité de savoir-faire et de compétences de la part des facilitateurs. Nous échangeons entre nous nos observations sur les différents modes de facilitation ; mais personne ne se positionne comme autorité souveraine ni comme cerbère du Travail.

J'espère qu'en France le Travail qui Relie pourra s'épanouir avec la même latitude et la même efficacité. Je ne connais personnellement qu'une demi-douzaine d'entre vous. Il y a Laure Olive, qui, passionnée d'écopsychologie, a trouvé un éditeur pour mon livre. Il y a Bernard Boisson que j'ai rencontré à mon atelier à Paris en 2001, auteur de livres que j'admire. En juin 2010 j'ai pris grand plaisir à travailler avec Sylvain Ménard, Jean-Pierre Le Danff, Veronika Rolle-Green, et Claire Carré pendant une conférence importante en Allemagne, et ensuite au cours de la retraite pour facilitateurs. Chacun, informé par son domaine d'expérience, apporte des qualités uniques au Travail que nous partageons.

De toutes ces personnes, Claire Carré est celle que je connais depuis le plus longtemps. En 1994 elle a participé à mon stage de trois semaines au Schumacher College dans le Devon. Elle a ensuite approfondi sa connaissance du Travail qui Relie en participant aux ateliers que j'ai menés en Espagne, en France, et en Grande-Bretagne, tout en continuant sa formation au fil des années avec des collègues en Angleterre en qui j'ai toute confiance, parmi lesquels Chris Johnstone, Alex Wildwood, Jane Reed, et Pat Fleming. Claire a été mon assistante pour les ateliers que j'ai dirigés en Angleterre ainsi qu'en Allemagne. Pour faire connaître le Travail qui Relie en France, elle a fondé Roseaux Dansants, en 2007. Son approche personnelle dans la facilitation de ce Travail intègre ses acquis dans le domaine de la danse, du théâtre, et des techniques somatiques. Je suis convaincue qu'elle aborde ce Travail d'une façon non seulement créative, mais aussi authentique et avec le sens de la responsabilité.

Je vous adresse à tous mes souhaits chaleureux, vous qui apportez le Travail qui Relie au public français. Je suis persuadée que vous serez témoins des expressions de vitalité qui infusent la motivation pour la grande aventure de notre époque. Et je suis certaine que vous procéderez dans le respect mutuel et la solidarité que ce Travail mérite.

Bien à vous, pour la Terre,

Joanna Macy

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